A quoi attribuez-vous votre avance ?
Tout d’abord je ne sais pas si je suis en bonne voie, chez les verts rien n’est acquis !
L’écologie politique est-elle une réponse aux interrogations qui agitent ce début de XXIe siècle ?
Oui, c’est un morceau de la réponse. En tout cas je ne crois pas aux idéologies globales. Aujourd’hui, 2 milliards d’êtres humains n’ont accès, ni à l’eau potable, ni à l’électricité, ni à l’éducation, ni aux soins de santé. Ce sont les mêmes causes qui expliquent l’exploitation des hommes et le mal développement de la planète. L’épuisement des ressources est la conséquence de la logique économique dominante qui privilégie le profit a court terme.
Quelles sont les ambitions des Verts pour 2007 ?
Nous avons défini deux axes principaux. Tout d’abord faire en sorte que les thèmes que nous portons ne soient pas les oubliés de la campagne. Je pense notamment à la menace du changement climatique, l’épuisement des ressources fossiles et notamment du pétrole, le recul de la biodiversité particulièrement net dans les pays du sud, la rareté et l’empoisonnement de l’eau, sans oublier l’accumulation des déchets et notamment les déchets nucléaires. Le second objectif sera de contribuer à la dynamique d’alternance en mobilisant l’électorat dès le 1er tour.
"L’écologie politique n’est pas à marier" disait Lalonde. Après le 21 avril 2002 une coalition est-elle envisageable au premier tour ?
Les verts sont prêts à prendre leurs responsabilités si certaines conditions sont réunies, à savoir un accord sur le projet de coalition et une entente sur les différentes responsabilités en cas de victoire. Mais, l’absence d’un candidat vert au 1er tour ne faciliterait ni le débat ni la mobilisation de l’électorat dont le candidat de la gauche réunie aura besoin au 2ème tour. Il y aura donc bien un candidat Vert en 2007.
Si vous étiez Présidente de la République quelles réformes mettriez-vous en place ?
Les Français sont fatigués de ces hommes politiques qui assènent leurs réformes d’en haut. J’insisterais sur la question de la lutte contre la grande pauvreté. Le rapport de force s’est dégradé entre ceux qui travaillent et ceux qui font travailler leur argent. La première des réformes pour une majorité de gauche serait de mettre en place un meilleur partage du travail et des richesses avec une fiscalité qui traduise cette ambition avec des prélèvements progressifs. Enfin, je mettrais le paquet sur l’éducation, la santé, le transport et toutes les conditions nécessaires au “mieux-vivre ensemble”.
La crise contre le CPE ne cache-t-elle pas selon vous des revendications plus profondes et un mai 68 bis ?
Après les émeutes de l’automne dernier, la mobilisation contre le CPE insiste à nouveau sur le sentiment de panne exprimé par une grande partie de la jeunesse. ll faut redonner une perspective et du sens aux jeunes sur la vie en société. Tâche difficile, au moment où tous les lieux de pouvoir politique et économique sont encore occupés par les anciens de 68, les 50-60 ans qui n’ont pas envie de passer la main. Or, tout se passe comme si on laissait aux jeunes déjà inquiets de leur avenir la charge de s’occuper de leurs aînés de plus en plus nombreux.
D’ici à 20 ans, la population des retraités aura doublé. Quelles solutions pour les retraites ?
Les verts proposent que les temps de la vie soient plus souples, pour cette population nous prônons plutôt un arrêt progressif du travail et une nouvelle insertion dans des activités d’utilité publique, que ce soit dans les syndicats, la vie associative ou encore l’aide a ceux qui en ont besoin. Il faut conforter le système des retraites par répartition. Le système actuel n’est pas juste, quand on est ouvrier on n’a pas forcément beaucoup de ressources alors que la retraite d’un cadre Sup est très confortable. On peut donc améliorer ce système en réduisant cet écart. Les professions les plus pénibles devraient pouvoir partir en retraite plus tôt que ceux qui ont une espérance de vie plus élevée.
Le nucléaire ?
Nous pensons qu’il est possible de sortir du nucléaire en réduisant le gaspillage en énergie, en diversifiant les sources et en développant les renouvelables. La France est en situation de surproduction d’électricité. Nous n’avons besoin d’aucune nouvelle centrale avant 2025 ce qui laisse largement le temps de piloter une montée en puissance des énergies renouvelables et la généralisation de techniques plus efficaces comme la cogénération, une meilleure isolation et le développement des transports publics.
Comment concilier politique écologique et grande ville ?
L’écologie est peut-être encore plus nécessaire en ville qu’à la campagne, car la population urbaine est en situation de plus grande dépendance. En ville, les problèmes écologiques sont plus liés à la vie quotidienne (eaux usées, accumulation des déchets, embouteillages, pollution ...). Il y a quelques années, nous rejetions environs 1 kg de déchets par jour, aujourd’hui on en est plutôt à 1,5 kg !
Le défi est de montrer que maltraiter les questions environnementales coûte encore plus cher que de s’en occuper.

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