Nul n’est prophète en son pays et la viticulture française connait ainsi depuis quelques années une crise profonde due principalement à la concurrence du nouveau monde. Bordeaux vendus trop chers, Bourgognes de qualité irrégulière... Les marques et régions établies, fortes de leurs acquis, ont sous-estimé les consommateurs. De leur côté, les petits producteurs de pays ont compris qu’à la quantité, il valait mieux s’attacher à la qualité.
Résultat, aujourd’hui “vins de table” et “vins de pays” n’ont plus forcément à rougir et leurs ventes augmentent. Seule ombre au tableau, les professionnels du secteur catégorisent à tour de bras : sur l’étiquette, les mentions se multiplient et les différentes appellations (AOC, vin de pays, vin de table) ne suffisent plus à faire son choix.
Comment s’y retrouver ?
L’origine
Préférez la mention “Récoltant” à “Négociant”, “Négociant” à “Distributeur” et une coopérative à un groupe industriel. Evitez la mention “élaboré par...” synonyme de manipulation importante du vin dans ses différentes étapes de fermentation, par les techniciens ou “winemakers”.
Lieu de mise en bouteille
Préférez “Au château” ou “à la propriété”, le lieu est précisé sur l’étiquette.
Monocépage ou assemblage ?
Plus il y a de cépages, plus le goût est complexe. Les vins de pays, dont la réglementation exige que 85% des raisins proviennent de la région mentionnée sur l’étiquette, se garantissent de plus en plus d’un seul cépage. Résultat, ils sont plus francs en bouche.
Le millésime
Primordiale pour les vins de garde, cette mention non obligatoire peut également participer à la sélection des vins de consommation.
Les meilleurs millésimes :
• vins de Savoie : 2000, 2002, 2003.
• vins de la Vallée du Rhône et Languedoc-Roussillon : 2000, 2001, 2003, 2004.
• vins de Provence, Corse et Sud-Ouest : 2000, 2001, 2004.
Concernant 2005, une des années les plus chaudes et sèches depuis 30 ans, on devrait obtenir un grand millésime.
Bio or not bio ?
La France compte aujourd’hui environ 1500 exploitations “bio” soit 1,4% du vignoble français. En réalité, seuls les raisins peuvent être biologiques. Depuis 2005, le célèbre logo “AB” peut accompagner la mention “vin issu de raisins de l’agriculture biologique” sur les étiquettes. Toutefois sachez que la vinification n’est soumise à aucune réglementation et qu’il existe plus de 300 additifs possibles. Pour être sûr que votre vin bio soit aussi bon à la santé, préférez les vins élaborés d’après la charte de la FNIVAB, (Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins Biologiques). Les pesticides et engrais chimiques sont interdits, les additifs contrôlés et les levures indigènes et naturelles, respectées. Cela donne des vins plus riches en tanins et en sucre naturel. Le goût du terroir n’est pas dénaturé. De plus, on limite l’utilisation du soufre, cause de maux de tête !
*(source Agence Bio pour l’année 2004)
Où acheter ?
Les foires aux vins en grandes et moyennes surfaces :
Incontournables de la rentrée, ces opérations vinicoles affichent des prix défiant toute concurrence. Néanmoins, précipitez-vous dès le premier jour. S’il y a de bonnes affaires : les connaisseurs s’en emparent très rapidement. Essayez de goûter avant d’acheter et si vous dénichez la perle rare, faîtes vos provisions.
Le caviste : Ce professionnel se doit de connaître toutes les bouteilles entreposées dans son magasin. Laissez-vous guider.
Le producteur : c’est le premier interlocuteur.
Passionné, il connaît son vin sur le bout des doigts.
Comment les contacter ?
Commencez par découvrir votre région.
Participez aux foires et salons : endroits
privilégiés pour un premier contact.
Les Bureaux d’interprofession : ces maisons des vins sont de parfaits interlocuteurs pour partir à la découverte d’une région. Ils proposent aussi des dégustations.
L’adresse du restaurateur : si vous avez des affinités
avec le sommelier, n’hésitez pas à lui demander d’où
vient la bouteille qui accompagne si bien votre repas.

Sélection de vins de pays par Grégory Gouin, caviste
La cave se rebiffe, pétillant naturel rosé de Gamay, 2005, Frantz Saumon
“Le vin des tonnelles, le vin des copains” Rosé perlant du Val de Loire, aux notes gourmandes de fruits rouges, ce vin a la particularité de pétiller légèrement : idéal pour l’apéritif. 9 E
Les Terres rouges, Domaine Sorin, 2005, Luc & Sergine Sorin
“Pour la fin septembre”
Ce vin rouge du Var gorgé de soleil allie les cépages Cinsault et Carignan. De quoi accompagner une cuisine méditerranéenne ou pourquoi pas une belle côte de bœuf. 7 E
Le Haut Princé, Cépage Grolleau, Mathias Levron
“Ca sent les fruits rouges”
Rouge du Val de Loire, à la « sucrosité » particulière, se boit frais ou chambré. Légèrement poivré, il fait un bon mariage avec les viandes et les mets épicés. 6 E
Où les trouver ?
La Boîte à vins, 23 avenue de Paris, 94300 Vincennes, Tél. : 01.43.74.43.81.
Les conditions de stockage
Les ennemis du vin : la lumière, les vibrations, les courants d’air et les odeurs.
Ses amis : l’humidité, l’aération et une T° moyenne de 12°C.
L’idéal : l’armoire à vin quand on ne dispose pas d’une cave.
Laquelle choisir ?
Petit modèle (6S) : capacité 90 bouteilles. A partir de 1600 e. Grand modèle (7L) : capacité 308 bouteilles. A partir de 2400 euros.

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