Quelle était la télévision de l’époque ?
C’était celle de Chapatte, Couderc, Collaro, Michel Drey… Nous étions tous gamins. C’était également la grande époque de Guy Lux, d’Interville, des speakerines et du monstre sacré de l’époque : Léon Zitrone.
Avez-vous vu la crise venir ?
Non, même si j’avais conscience que l’information était cadenassée par Alain Peyrefitte, le ministre de l’information, qui était finalement le véritable rédacteur en chef à l’ORTF. Quand Mai-68 et les premières manifestations sont arrivées, il n’était pas question d’en faire trop à la télévision…
Comment avez-vous réagi ?
Je suis allé dans les meetings, aux manifs. Je me souviens de Chabrol, Godard, haranguant les foules, des chahuts d’étudiants dans le Quartier Latin et j’ai découvert Cohn-Bendit, notre Guevara à nous ! Avec de nombreux confrères journalistes, je décide de faire grève.
A partir de ce moment-là, les événements vont prendre une autre ampleur…
Oui, le pouvoir va virer de l’ORTF une quinzaine de têtes d’affiche dont je faisais déjà partie à l’époque. En plus, en participant à un match de foot de solidarité avec des célébrités en faveur des grévistes, je me suis cassé le pied. Je me suis retrouvé sur le carreau pendant une saison et je n’ai été autorisé à revenir que 8 mois plus tard.
Est-ce que cela a changé le regard que vous portiez sur votre métier ?
Oui, j’ai découvert le faux vedettariat de la télévision. C’est un star-system très éphémère, qui ne dure pas. Les auteurs laissent des écrits, les chanteurs des chansons…Et nous ? Nous laissons seulement des archives à l’INA. A la télévision ce n’est pas la peine de rouler des mécaniques, nous sommes seulement des montreurs d’ours. Cette expérience m’a servi toute ma vie !
Quelles sont les images de Mai-68 qui vous ont le plus marqué ?
La violence des pavés et des échauffourées, la voix des reporters radio au souffle court au cœur des manifestations, les marches autour de la Maison de la Radio avec des panneaux “Libérez l’ORTF”. Mais aussi la marée humaine sur les Champs-Elysées et le raz de marée de Droite aux élections.
Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?
A la fois un bon parce que je découvrais le monde, la politique et un mauvais parce que j’ai été viré. J’ai cependant de bons souvenirs de musique. “Il est cinq heures, Paris s’éveille” de Dutronc, “Ivanovitch” de Julien Clerc qui débute cette année-là et Bob Dylan. Mais c’est aussi une année exceptionnelle pour l’amateur de sport que je suis grâce aux Jeux Olympiques de Grenoble et de Mexico.
Et que reste t-il de Mai 68 aujourd’hui ?
C’était le début d’une grande aventure : pour les femmes, le début du féminisme. Sans 68, peut-être que la loi Weil ne serait jamais passée. C’était une formidable époque où il y avait de l’emploi pour tout le monde, pas de problèmes d’immigration, de sida, de drogue. L’argent n’avait pas la place qu’il a aujourd’hui. On pouvait encore vivre heureux en vivant caché.
Dans le monde de l’audiovisuel, y a-t-il eu un “avant” et un “après” Mai 68 ?
Non, rien n’a vraiment changé jusqu’en 1974, date de l’éclatement de l’ORTF. L’étau commence à se desserrer mais on ne peut pas dire que la télévision soit libre. Il va falloir ensuite attendre 1981 et l’arrivée des chaînes privées. Aujourd’hui, les nouvelles technologies font que la télévision est multiple et incontrôlable.
Aujourd’hui, quel est votre combat ?
C’est la sauvegarde de la Planète. Mon modèle est Nicolas Hulot. Si j’avais 20 ans aujourd’hui j’irais dans une ONG ou je serais éducateur.

Saga des marques : Aigle
Legs et donations
Interview : Gérard Holtz au théâtre pendant le Tour de France
J’M la Martinique, fleur des Caraïbes
Quel luminaire pour quelle pièce ?
Protéger ses pieds en randonnée
Luxe, calme et volupté à Marrakech
Interview François Berléand, à l’affiche dans Quadrille
Chanel N°5, histoire d’un mythe
A6 et Fiat Punto : deux valeurs sûres !
Acheter son mobil-home : achat et entretien
Interview de William Leymergie
Découvrez les rentes viagères
Conseils et guides, salles de bains, des pièces d’eau
Tables de fêtes : est-ce bon pour la santé ?
Version imprimable