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mardi 10 novembre 2009, par Marion Rotrubin

Maud Fontenoy, ambassadrice des océans pour l’Unesco

Navigatrice précoce et hors pair, viceprésidente du Conservatoire National du Territoire, présidente de sa fondation, Maud Fontenoy est une battante et une ambitieuse. Interview d’une femme qui ne craint ni les remous ni les contre-courants !

Maud Fontenoy est une femme pressée. Dans son agenda bien rempli, elle nous accorde une entrevue pour nous parler de son combat pour la protection de l’environnement, de son engagement auprès des jeunes générations. Elle, qui a accumulé les records au cours de ses aventures maritimes (traversée en solitaire de l’Atlantique et du Pacifique à la rame, tour du monde à contre-courant), se consacre aujourd’hui entièrement à la protection des océans.

Comment est née votre conscience écologique ?

En mer. J’ai commencé à naviguer avec mes parents lorsque j’avais une semaine. Plus tard, à travers mes propres navigations, j’ai constaté la pollution maritime, les nombreux déchets, les effets du changement climatique et la modification de la faune marine. J’ai ensuite beaucoup travaillé avec des scientifiques pour comprendre ces changements.

Y a-t-il une image qui vous a particulièrement marquée ?

Au large de l’Antarctique, on peut trouver des nappes d’hydrocarbures et de nombreux déchets comme des sacs plastiques ou des bouteilles. Cette pollution vient de la terre, elle vient de chez nous !

Vous avez été nommée porte-parole de l’Unesco et du réseau Océan mondial. Pouvez-vous nous rappeler pourquoi est-ce si important de protéger cet environnement aquatique ?

Les océans sont le berceau de l’humanité et ils absorbent le carbone. C’est à eux que l’on doit une grande partie de l’oxygène que nous respirons. Ils régulent aussi le climat, sont le “thermostat de la Terre”. Par ailleurs, trois milliards de personnes dépendent de la pêche en mer pour se nourrir quotidiennement.

Nous, à notre niveau, que pouvons-nous faire ?

Nettoyer les plages, collecter les déchets, sont des choses accessibles à tous, que je développe notamment à travers ma Fondation (ndlr : la Maud Fontenoy Fondation). Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un million d’oiseaux, 100 000 mammifères marins et des milliers de poissons meurent à cause de la pollution humaine chaque année.

Votre action est centrée notamment sur la notion de transmission envers les jeunes générations. Pourquoi ?

Les enfants sont les futurs citoyens, les futurs “consom’acteurs, les futurs hommes politiques et chefs d’entreprises. Cette génération doit changer sa façon de vivre, de voyager et de consommer, arrêter de prélever intensément sur les ressources naturelles. A travers ma Fondation je travaille avec le ministère de l’écologie et le ministère de l’éducation nationale pour une meilleure connaissance du milieu marin et du littoral. A tout cela les enfants sont déjà très ouverts…

Justement, pensez-vous que ce soit aux enfants de transmettre à leurs grands-parents cette éducation écologique qu’eux n’ont pas reçus ?

Non, je pense qu’il est du rôle des grands-parents d’acheter des livres à leurs petits-enfants sur l’environnement, de parler et de partager autour des solutions pour préparer l’avenir. Nos grands-parents font souvent du développement durable sans s’en rendre compte. Ceci, ils l’ont transmis à leurs enfants et petits-enfants en faisant des économies au quotidien : des économies d’eau, de vêtements, de nourriture… Ce sont souvent eux les plus écologistes !

Vous êtes l’un des défenseurs de l’environnement les plus emblématiques en France, aux côtés de Nicolas Hulot ou de Yann Arthus-Bertrand. Tous deux ont sortis des films. Pensez-vous qu’ils soient indispensables à la prise de conscience écologique collective ?

Oui, on a particulièrement besoin de s’adresser au plus grand nombre. J’ai été bouleversée par “Le syndrome du Titanic” de Nicolas Hulot. C’est un film de réflexion sur l’humanité, sur la beauté de la Terre et nos incohérences.

Et vous, pensez-vous en faire un sur les océans un jour ?

Peut-être, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve ! Jacques Perrin (qui a réalisé “Le peuple migrateur”), va sortir au mois de janvier 2010 un film baptisé “Océans”, que j’attends avec impatience !

En 2004, vous avez été candidate aux élections régionales en Ile-de-France sur la liste UMP de Jean-François Copé. En 2007, vous aviez été pressentie pour entrer au Gouvernement comme Secrétaire d’Etat aux Sports…

Je ne suis pas engagée en politique, ni à l’UMP, ni ailleurs. A un moment de ma carrière, j’ai été proche de Jean-François Copé, qui est le maire de ma ville, Meaux, où nous avions un projet de fond sur la région. Aujourd’hui, mon travail au sein de ma Fondation, de l’Unesco et au Conservatoire national du littoral me suffit amplement !

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