Depuis sa création, en 1853, Aigle revendique son image “nature”, comme en témoigne sa dernière campagne de pub, “Pour la réintroduction de l’homme dans la nature”. L’histoire de cette marque Française emblématique dans le domaine des sports de plein air, nous mène tout d’abord aux États-Unis où Hiram Hutchinson et le chimiste Charles Goodyear parlent affaire autour du caa ou tchou (“arbre qui pleure” en Indien). Le premier crée une ligne de bottes, chaussures et vêtements de protection grâce à l’invention du second, qui met au point le procédé de vulcanisation, qui rend le latex imperméable et extensible.
Des salles de sport à l’équitation
En 1953, Hutchinson arrive en France, à Montargis,
et crée “la Compagnie du Caoutchouc Souple”.
Bottes, chaussures et vêtements de pluie y sont
conçus en grande quantité. Il nomme la société “A
l’Aigle”, en référence à l’aigle américain. Pendant
les années folles, la marque s’industrialise et les
cirés, les gabardines et les sous-vêtements en gommage
rose clair remportent un grand succès auprès
des élégantes.
Dans les années 1950, les “toiles” (baskets, tennis
et rythmiques) conquièrent le monde du sport de
loisir et scolaire. L’usine tourne à plein régime :
l’atelier de chaussures emploie près de 1 850 personnes
et fabrique 30 000 paires par jour. Chaque
tennis de toile à semelle de caoutchouc est faite à
la main dans l’usine de Châtellerault.
La montée en puissance de la marque s’affirme
dans les années 1960 : Aigle fait sensation auprès
des Parisiennes qui portent les bottes de caoutchouc
vernies avec leurs minijupes. En 1968, la
“Bison”, une bonne de jardinage conçue et réalisée
entièrement dans l’usine de Châtellerault fait
le bonheur des amateurs. Elle est encore aujourd’hui
l’un des best-sellers de la marque. Aigle
réalise aussi un virage sportif : en collaboration
avec le skipper Marc Pajot, la marque
met au point les fameuses bottes bleues à
bandes blanches pour les Jeux Olympiques
de Munich. Aigle sort également “l’Écuyer”
pour l’équitation, une paire de bottes qui ressemble
à s’y méprendre à du cuir.
Numéro 1 mondial
Dès les années, 1980, Aigle, alors leader mondial dans son domaine, s’engage en faveur de la “protection dans la nature”. Son premier magasin ouvre en 1990 sur le boulevard Saint- Germain à Paris. À peine trois ans plus tard, une boutique ouvre à Tokyo, où la “french touch” outdoor a beaucoup de succès. De 1995 à 2000, Aigle continue à voguer sur le succès grâce à des produits qui évoluent en même temps que les clients de la marque : la Saharienne de voyage, par exemple, qui allie chic et technicité ou la chaussure de randonnée “Topo”, aussi à l’aise en moyenne montagne qu’en forêt de Fontainebleau. En 2000, le cap des 100 magasins est franchi. En 2003, la marque célèbre ses 150 ans. À cette occasion, elle lance les “essentiels” avec le styliste Éric Bergère et fait plancher 11 jeunes créateurs sur la botte Aigle de leur enfance. Cet anniversaire marque aussi un retour aux sources puisqu’Aigle s’implante aux États-Unis. En 2005, avec un nouveau logo, la marque prend un virage résolument moderne. Les bottes en caoutchouc et sabots de jardin sont plus tendance que jamais grâce à la créatrice Viviane Cazeneuve. Cette même année la botte “Aigle Cap & Pep” fait l’objet d’une série limitée chez Colette : c’est bien la preuve que le caoutchouc est chic !

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