L’année prochaine, Gallimard fêtera ses 100 ans. C’est dans le Paris de 1900 que tout commence. Gaston Gallimard, éditeur mais aussi administrateur de théâtre, patron de presse, producteur de cinéma et organisateur de concerts, lance sa propre maison d’édition. A ses côtés, sa femme,Yvonne Redelsperger, puis plus tard, leurs quatre enfants. Chacun apportera sa pierre pour rendre Gallimard la plus parisienne des maison d’éditions.
De Proust à Harry Potter
Directeur des éditions de la
Nouvelle Revue Française
(NRF) à partir de 1911, Gaston
Gallimard fonde en 1919
la “Librairie Gallimard”, qui
connaît son premier grand succès
la même année grâce à l’attribution
du prix Goncourt à
Marcel Proust pour “A l’ombre
des jeunes filles en fleurs”. Gaston Gallimard s’évertuera
alors à obtenir un maximum de prix littéraires, entretenant
un rapport étroit avec les jurés. Il met en place de nouvelles
équipes, crée un premier comité de lecture dès 1921-1922
(avec Robert Aron, Benjamin Crémieux, Ramon Fernandez,
Jean Grenier, Bernard Groethuysen, Brice Parain,
Jean Paulhan, rejoints plus tard par Marcel Arland, André
Malraux, Raymond Queneau, Albert Camus…) et installe
la maison en pleine expansion dans de plus grands
locaux. Publiant aussi bien des romans d’aventures que
des ouvrages de littérature d’excellence, Gallimard absorbe
en 1933 les éditions de la Pléiade. Durant la 2nde Guerre
mondiale Gaston Gallimard
déclare sa maison “aryenne à
capitaux aryens”. Après cette
période sombre, les éditions se
relèvent en créant de nouvelles
collections résolument tournées
vers la modernité : des auteurs
d’avant-garde sont publiés,
tels Georges Bataille, Eugène
Ionesco ou Maurice Blanchot. Les départements
du livre d’art (avec notamment la collection
“L’Univers des formes”) et des sciences humaines
se développent également grâce respectivement à
André Malraux et Pierre Nora. En 1972 apparaît la
collection de poche Folio, elle annonce un nouveau
mode d’appréhension de la lecture.
Le 15 janvier 1976, à la suite du décès de son père le 25 décembre 1975, Claude devient président de la maison. Il le restera jusqu’en 1988 avec comme seul but : la modernisation des éditions Gallimard. Malade, il laisse les rênes de la société en mars 1988 à son fils cadet, Antoine, déjà présent dans l’entreprise. Ce dernier, que la presse financière jugeait un rien “dilettante” lors de son accession à la présidence, a su maintenir la barque à flot et garder le cap.
Nouveaux supports
Depuis 2008, le numérique a bouleversé le fonctionnement dit traditionnel de Gallimard. Fini le papier, place au web avec la naissance de la librairie virtuelle. Le concept : la mise en ligne d’une plateforme permettant d’accéder à l’intégralité de la collection. Aujourd’hui une dizaine de milliers d’ouvrages, sur les 28 000 du fonds, ont déjà été numérisés. “Mon objectif, confie le PDG, est qu’en 2011 tous les titres parus chez Gallimard puissent être disponibles en impression à la demande.” En mai 2010, nouveau challenge pour Antoine Gallimard, avec l’arrivée de l’iPad : la tablette tactile connectée à Internet permet entre autre de lire des livres et des journaux. L’éditeur reconnaît les qualités de cet outil high tech, mais pense avant tout qu’il sera bénéfique aux éditeurs de bandes dessinées ou d’ouvrages illustrés.

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