Retrouver le désir après 60 ans

« Ce n’est plus comme avant ! » Certes, la sexualité à 60 ans n’est plus aussi performante qu’à 20. Mais faut-il pour autant se résoudre à l’abstinence ? N’y a-t-il pas un nouvel équilibre à trouver ? Voici les écueils à éviter et quelques conseils pratiques pour retrouver une sexualité épanouie.

Le passage à la retraite marque une rupture avec le quotidien jusqu’ici occulté par des préoccupations professionnelles et/ou parentales. Les enfants ont quitté le domicile et le couple se retrouve dans une nouvelle configuration : seul face à lui-même.

« La sexualité à l’épreuve de la psychologie »

Dès lors, il n’est pas rare que les partenaires et plus particulièrement les femmes éprouvent un sentiment de manque. Ce que Philippe Hofman, psychologue clinicien, appelle le « syndrome du nid vide ».

Pour compenser cette carence affective, la femme va bien souvent reporter sa tendresse sur les petits-enfants, marquant ainsi une continuité de son rôle maternel et évitant au couple de se pencher sur sa vie conjugale. Comment faire pour se « retrouver » et vivre à deux à nouveau ? Réponses.

Pour Catherine Solano, médecin sexologue, « tout l’enjeu du couple senior réside dans la difficulté à se penser une vie à deux, et à lui donner un sens. Mais, attention, « vie à deux » ne signifie pas vivre sur le dos l’un de l’autre », prévient-elle. « Il est important de s’organiser un emploi du temps avec des plages horaires communes et des temps personnels. Imposer ses choix tout en acceptant ceux de l’autre. Car c’est en se créant des espaces de liberté que chacun des partenaires pourra accueillir l’autre. Etre 24h sur 24 ensemble, c’est redoutable pour la survie du couple. Très vite, les petites manies agaçantes de chacun vont prendre le dessus et étouffer le désir ».

« Cultiver son intériorité »

La sortie de la vie active peut également s’accompagner d’une perte d’identité sociale plus ou moins bien vécue et d’une baisse d’estime de soi. Pour notre sexologue, il faut bien comprendre que dans ce cas, « la valeur humaine n’est pas liée à l’argent ni au physique. Il faut cultiver son intériorité ». Comment ? « Par exemple en s’investissant dans des projets, en vivant ses passions… On est plus intéressant aux yeux de l’autre, lorsqu’on assume sa singularité et que l’on revendique ce qu’on aime ». En clair, « on est bien dans son couple, quand l’autre vous fait donner le meilleur de vous-même. »

Autre processus inconscient qui peut perturber la sexualité et l’harmonie du couple : le vieillissement de sa ou de son partenaire. Pourquoi ? Car il renvoie par un effet de miroir l’image presque intolérable de son propre vieillissement. Ainsi, Gérard, 60 ans, chauffeur de taxi explique qu’il a « tiré un trait sur sa vie sexuelle ». « Je ne suis plus aussi beau qu’à 20 ans. Faire l’amour, esthétiquement, ce serait pour moi épouvantable. » Un discours qui revient trop fréquemment lors des consultations, selon notre sexologue.

« La sexualité à l’épreuve de la société »

Et pour cause, les seniors sont les premiers à être victimes du jeunisme, sorte de dictature sociale qui prône la performance. Pas un jour ne passe sans que les médias ne dévoilent les mécanismes pseudo-scientifiques d’une vie sexuelle épanouie. Au cinéma ou à la télévision, les représentations érotiques sont magnifiées et exaltent l’image exemplaire d’un corps jeune et puissant. Pour Phillipe Hofman, « croire que l’épanouissement du couple repose sur des normes sociales tyranniques qui détermineraient la plastique parfaite, les caresses, durées, périodes et qualité d’orgasmes à atteindre » est une ineptie. Aussi, il affirme « qu’une vie sexuelle épanouie ne se mesure pas en terme de performance mais se traduit davantage par le plaisir d’être ensemble, de partager, d’avoir une complicité et de faire preuve de tendresse. »

« Ne pas s’arrêter de faire l’amour »

Pour Catherine Solano, « il est important de ne pas se focaliser sur ses petites imperfections physiques mais plutôt travailler à accepter de vieillir. C’est parfois douloureux mais nécessaire. D’autant que, dans notre société, on manque de modèles seniors auxquels on pourrait s’identifier. » Dans le même temps, les possibilités d’épanouissement sexuel des « grands-parents » sont plutôt mal perçues. Comme si la sexualité était intrinsèquement liée à la reproduction et était l’apanage des jeunes.

« La sexualité à l’épreuve du corps »

Pourtant et bonne nouvelle ! « L’âge est loin d’être aussi néfaste qu’on l’imagine pour la sexualité. Même à 90 ans, tout peut marcher très bien… à condition de s’adapter aux changements liés aux années », explique Catherine Solano.

Messieurs,

Concrètement, l’érection devient plus lente à obtenir et nécessite une plus forte stimulation. Bien souvent, elle n’est complète qu’avant l’éjaculation. La période réfractaire (temps nécessaire avant une seconde érection) s’allonge elle aussi. Mais comme le constate la sexologue, « avec l’âge, les hommes deviennent plus sensuels et plus sensibles aux émotions amoureuses. Résultat, ils profitent en général beaucoup mieux des plaisirs de la sexualité. »

Mesdames,

A la ménopause, une baisse de la production d’hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone) peut conduire à une sécheresse et une atrophie vaginales. La lubrification est alors plus lente. Mais pour autant, assure Catherine Solano « les sensations et le désir restent les mêmes. Il suffit d’augmenter les préliminaires et de prendre le temps.

Finalement la clé d’une vie sexuelle épanouie résiderait tout simplement dans la pratique… « Il ne faut surtout pas arrêter pas de faire l’amour », insiste la sexologue. « Et ce, même si l’envie fait défaut. Cela permet d’entretenir la mécanique et de conserver un contact physique, une proximité. »

Viagra®, pilule miracle ?

Le Viagra® comme les autres médicaments de la même famille (Levitra ou Cialis) sont des facilitateurs de l’érection qui font des émules ! Pour preuve, en 2006, cette petite pilule bleue remporte la palme du médicament le plus contrefait dans le monde. Mais au fait, est-ce que ça marche vraiment ? Bien qu’efficace sur un plan mécanique, si un homme n’éprouve pas de désir, il ne lui fera aucun effet.

TESTEZ VOTRE COUPLE

Perte du désir. Les bonnes questions à se poser

  1. Faites-vous souvent des surprises à votre partenaire ?
  2. Depuis quand l’aviez-vous l’invitée à une soirée ou une sortie imprévue ?
  3. Savez-vous sortir de la routine même si elle vous rassure ?
  4. Avez-vous refait un voyage d’amoureux rien que vous deux ?
  5. Vous autorisez-vous seul(e) à prendre le large quelques heures ou quelques jours ?
  6. Avez-vous des centres d’intérêts personnels, les développez-vous ?
  7. Quels sont vos terrains d’entente ?
  8. Quels sont vos projets et quel sens commun leur donnez-vous ?
  9. Comment évitez-vous les sujets ou les situations qui fâchent ?
  10. Quelles sont les issues qui apaisent vos conflits ?

Si la majorité de vos réponses sont négatives ou si des questions restent sans réponse, suivez sans plus tarder nos conseils pratiques.

10 conseils pratiques pour réveiller le désir

  1. Organisez des escapades amoureuses
  2. Surprenez votre partenaire avec un dîner aux chandelles dans un cadre intime
  3. Gâtez votre conjoint(e)
  4. Monsieur, complimentez votre femme. Elle a besoin de sentir belle et désirable
  5. Madame, mettez votre féminité en valeur en investissant dans une nouvelle garde-robe
  6. Jouez la carte de l’humour
  7. Ne vous concentrez pas sur vos difficultés sexuelles et ne pointez pas vos défauts
  8. Ne restez pas seul avec vos angoisses mais parlez-en à votre partenaire
  9. Maintenez une activité sexuelle régulière
  10. Faites preuve d’inventivité

Pour plus d’information sur ce sujet, n’hésitez pas à lire notre article sur la fameuse Brigitte Lahaie qui se confie.

Lectures complémentaires : Se remarier à 60 ans

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